Nous ne sommes plus tout à fait jeunes. Cependant, c'est avec plaisir,
avec foi que nous avons pris part à la croisade des jeunes pour la Paix,
pensant qu'il n'est pas de trop que les vieux se joignent aux jeunes pour
une oeuvre aussi noble que celle qui consiste à essayer de réaliser la
Paix.
Nous pensons d'ailleurs, en agissant ainsi être dans la voie d'un
chrétien. Le royaume de Dieu que nous demandons chaque jour est le
royaume de la paix; l'établissement de la paix entre les hommes ne
marquera-t-il pas une étape dans l'avancement de l'humanité vers ce
royaume?
Renseignés comme nous le sommes par certains journaux, hélas trop
nombreux, n'était-il pas insensé et dangereux d'entreprendre un voyage
en Allemagne, d'y organiser des réunions et conférences à l'époque
agitée des élections ?
Mais nous allions parler de Paix; nous sommes partis avec confiance.
Nous pensons que les peuples auront la paix s'ils la veulent avec
obstination. Qu'ils apprennent à se connaître, qu'ils créent une
agitation pacifiste, qu'ils entretiennent une propagande continue pour la
Paix, qu'ils s'efforcent d'orienter les esprits et les coeurs vers la Paix
comme on l'a fait jusqu'ici pour la guerre.
Quand les diplomates, les négociateurs, les gouvernements constateront
dans la masse des peuples une volonté obstinée de paix, cette volonté
pèsera d'une manière heureuse sur leurs décisions jusqu'ici trop
souvent étrangère à la pensée populaire, trop souvent aussi inspirée
par l'intérêt d'une seule caste.
C'est dans ces sentiments, avec nos faibles talents, mais riches de
coeur que nous nous sommes mis en route.
13 MARS 1932, VOYAGE DOUAI-FRIBOURG
Munis chacun d'une bouteille thermos, d'une valise copieusement garnie
par des mains attentives, en prévision d'un long séjour dans le
Calais-Bâle, nous quittâmes Douai le matin du 13 mars 1932 tel
quatre commis voyageurs en articles de Paix.
On nous avait recommandé la prudence; certain gendarme français du
dernier poste-frontière nous a dit d'un air effaré: " Vous allez de
l'autre côté, subséquemment vous allez vous faire assassiner !".
Ce fut le plus sinistre instant de notre voyage. Imaginez le soir, une
petite gare frontière déserte - car on ne va pas en Allemagne -, un chef
de gare surpris de voir quatre français se diriger "de l'autre
côté" le soir des élection allemandes, un gendarme bourru et
soupçonneux qui vous prédit l'avenir le plus noir. Mais nous portons
allègrement nos os "de l'autre côté"; nous montons
allègrement dans notre train qui s'engage dans la nuit et l'inconnu.
Au premier arrêt, quel contraste avec ce que nous avions imaginé!
Nous sommes reçus par des employés corrects empressés à nous rendre
service; l'un d'eux, nous annonçant une attente de deux heures,
s'empresse de mettre nos valises en lieu sûr, se fait notre guide et nous
fait visiter sites, monuments et rues de cette vieille station baignée
par le Rhin, bien que la nuit ne se prête guère à cette sorte de
distraction. Du haut de cette ancienne forteresse, notre guide nous montre
divers points de France au-delà du Rhin, nous fait parcourir les rues
sombres troublées seulement par le chant joyeux de quelques jeunes gens.
Cet homme, ancien combattant mutilé, ne cessait de nous montrer sa
sympathie, sa joie d'être avec nous, son souci de nous être agréable.
C'était émouvant; nous étions heureux de constater que le premier
Allemand que nous voyons se révélait être un ami et non un ennemi.
Au buffet de la gare, on s'offrit réciproquement quelques cigarettes,
un café réconfortant. Mr Pérus mutilé du bras, Mr Delval privé
d'un oeil, échangèrent leurs impressions de guerre avec ce mutilé de la
main, étonnés dans leur sympathie d'avoir été des ennemis et d'être
des victimes réciproques.
L'heure du départ venue, cet ami occasionnel reprend ses fonctions,
nous installe dans un compartiment et, très amicalement, nous souhaite un
bon voyage. Le train, de nouveau, s'engage dans la nuit; à chaque arrêt
quelques jeunes gens montent et descendent, la chanson sur les lèvres,
regardant avec curiosité ces Français qui bavardent, eux aussi,
joyeusement. Nulle trace de haine chez ces jeunes hommes dont l'un
s'empresse de nous renseigner sur le trajet qu'il nous reste à parcourir.
Voici les lumières de Fribourg. A peine le train est-il stoppé
que nous sommes interpellés par Mr Solzbacher et Mr Vernier nos
futurs compagnons de route, dont le joyeux entrain et les paroles
encourageantes nous eussent vite réconfortés s'il en eût été besoin.
Par des rues tout à fait calmes, en cette soirée d'élection, ils nous
conduisent Clarastrass où un cordial accueil nous est fait, un repas
copieux nous est préparé, où nous passons une nuit paisible.
14 MARS 1932, FRIBOURG
Dans la journée du 14 nous visitons Fribourg, au pied des
montagnes de la Forêt noire. Nous admirons les monuments,
spécialement la cathédrale gothique, soeur de nos belles cathédrales.
Nous remarquons l'allure des agents de la Schupo, l'animation de la rue
principale surtout à l'heure de midi, le nombre des magasins de
pâtisserie et de "délicatessen", le silence des rues dû à la
rareté des automobiles, ce qui contraste avec le vacarme de nos villes.
A midi, un ancien combattant ayant appris que Mr Delval a perdu
un oeil à la guerre vient le voir car, dit-il, un soldat français
blessé à l'oeil lui a sauvé la vie. Cet homme est chômeur depuis
quatre ans; de mise correcte, il a l'air désabusé. Par lui nous
apprenons que Fribourg compte 10.000 chômeurs, soit le tiers de la
population.
Par toute la ville, des affiches immenses, bien en vue, annoncent notre
conférence et le soir dans une vaste salle, devant un public élégant,
intéressé, attentif, tels quatre disciples de Démosthène, nous prenons
la parole à la suite d'un pasteur anglais, de MM. Solzbacher et Vernier.
Chacun de nous, préconisant la conciliation pour tout conflit entre
peuples et repoussant la guerre, instrument de justice d'un autre âge,
reçut approbation et applaudissements. Nombreux furent les amis et amies
de la paix qui, la conférence terminée, vinrent nous serrer
chaleureusement les mains.
Un groupe d'amis de la Paix et de la France nous conduisit au Café
Viennois où la soirée se prolongea gaiement jusque une heure du matin. A
l'exception de la langue, nous pouvions nous croire entre Français; une
chaude et réciproque sympathie nous animait.
15 MARS 1932, FRIBOURG, MULHEIM, NEUENBOURG
Le lendemain 15 nous visitons un instituteur qui nous avait invités la
veille. Nous nous rendons dans sa classe. Nous parlons de choses et
d'autres, et voilà qu'ensemble nous nous prenons à chanter "Dors
min ptit quinquin, min gros ...." que ce maître a déjà eu le
plaisir d'entendre en France.
Puis la classe commence, trente filles de onze ans; nous assistons à
une magistrale leçon de français; en notre honneur, ces enfants
exécutent des chants français; nous en sommes fort émus. Nous voudrions
qu'en France aussi on apprenne la langue allemande à nos petits enfants.
Ne serait-ce pas donner aux jeunes générations un moyen de se mieux
comprendre, un moyen de plus pour arriver à la Paix ? Enchantés nous
quittons ce maître et ses bonnes écolières qui, toutes debout, nous
saluent d'un "Au revoir messieurs" formidable.
L'après-midi, excursion sur les sommets encore neigeux. Nous y voyons
des restes de fortifications édifiées par Louis XIV. A l'ouest, nous
admirons l'immense panorama de la plaine de Bade, séparée par le Rhin de
la plaine d'Alsace limitée par les Vosges à l'horizon brumeux, tandis
qu'à nos pieds s'étend la grande ville. A l'est, c'est à perte de vue,
la suite des cimes neigeuses coupée par la Forêt noire, dont le mystère
nous attire. Et puis nous rencontrons quelques chômeurs en promenades,
toujours de mise correcte; l'un joue de l'accordéon. Un ménage a
installé son phonographe sur un banc. Cette musique dans la neige, dans
le silence, produit une bizarre impression.
Dans l'après- midi, nous quittons Fribourg, car le soir nous
ferons deux réunions, l'une à Mulheim, l'autre à Neuenbourg.
Mr Luft, secrétaire de la ligue pour la Paix à Fribourg nous
accompagne.
A Mulheim, nous sommes reçus par Mr le Professeur Wendling,
secrétaire du groupe pacifiste. Mme Wendling nous invite très
aimablement à prendre le repas. Conversations parfaitement amicales, les
enfants montent sur nos genoux.
L'heure de la réunion arrivée, nous gagnons la grande salle de
l'Hôtel de ville où le public nombreux salue notre entrée de vigoureux
applaudissements.
Pourtant à Mulheim, au scrutin de la veille, les hitlériens
ont obtenu la majorité.
A Neuenbourg, nous trouvons une salle comble. Mr le Docteur
Pohl, assisté de Mr Bolanz et de plusieurs instituteurs
préside; Mr le Directeur de l'Enseignement de Fribourg, qui mène
la campagne pour la Paix, est dans la salle. Le public est enthousiaste;
la soirée se prolonge jusqu'à minuit. A la fin de la séance, deux
vieux, la casquette à la main, s'approchent et disent: "Merci,
Monsieur, d'être venu nous parler avec votre coeur".
Tandis que MM Pérus et Blondel sont retenus pour passer la nuit
à Mulheim, Mr Delval reçoit l'hospitalité chez Mr ....
dentiste à Neuenbourg; moi-même reçois un cordial accueil chez Mr le
Docteur Pohl. Partout toujours, comme amis de la Paix, nous sommes
traités fraternellement; nous recevons les félicitations les plus
chaudes et les plus encourageantes pour notre initiative de rapprochement
et notre désir passionné d'établir des rapports d'amitié entre hommes
si visiblement prêts à se comprendre.
16 MARS 1932, MUHLHEIM, BADENWEILER, KANDERN
Pendant une partie de la matinée, Mr Delval et moi-même
accompagnons Mr l'instituteur Bolanz et sa classe en promenade dans
la campagne. Mr Bolanz, ancien combattant qui a perdu deux frères
à la guerre, et son collègue ne cessent de nous montrer leur sympathie
et d'exprimer leur désir de paix entre nos pays. Rien ne nous indique que
nous ne sommes pas en France.
Nous passons l'après-midi du seize à Mulheim. Avant de quitter
la France, on nous avait dit: "Soyez prudents, ne parlez pas
français dans la rue". Or nous nous promenons paisiblement dans les
rues presque désertes, salués respectueusement par les rares passants
qui déjà nous connaissent. Un pâtissier et sa dame, ayant assisté la
veille à notre réunion, envoient chez Mme Witling un panier de
gâteaux " pour les Franzosen ".
Profitant de quelques heures de liberté, Mme et Mr Wendling et
leurs enfants nous emmènent en excursion à la jolie station thermale de Badenweiller
où, dans la neige des sommets, parents, enfants et nous commençons une
guerre toute joyeuse et toute amicale à coups de boules de neige.
Mme Wendling nous dit, en mots accentués qui sortent du coeur,
ces paroles qui méritent d'être rapportées: "Monsieur, quand vous
serez rentrés en France, dites à tous que, de tout coeur, nous voulons
la Paix, et vivre en amitié avec la France."
Au cours du repas du soir, nous mangeons une tranche de
"Ponpournikel", ce pain noir si recherché en Allemagne. C'est
un pain de seigle auquel une cuisson spéciale donne sa couleur et son
goût un peu âcre.
Comme nous nous étonnons d'un nom si bizarre, Mr Wendling nous
donne l'explication suivante. Napoléon, en campagne dans le pays, trouva
ce pain sur sa table; l'ayant goûté, il le rejeta, disant: "C'est
bon pour Nickel". Nickel était le nom de son cheval. Les Allemands,
vexés que l'on fasse si peu de cas de leur pain préféré, l'ont appelé
depuis lors "Ponpournikel".
Les enfants trouvèrent en Mr Vernier un véritable camarade.
Nous passâmes à Mulheim une après-midi très agréable. A la
nuit tombante nous quittâmes Mulheim pour Kandern où nous
avions une réunion à huit heures. Mr, Mme Wendling et leurs
enfants nous accompagnèrent jusqu'à l'autobus dont le départ fut
marqué par de chaleureux adieux.
Nous conservons un souvenir plein de sympathie pour la population de ce
gros bourg si paisible. Nous nous demandons avec tristesse comment il a pu
se faire que, de part et d'autre, les bras se soient armés et les coeurs
se soient remplis de haine, alors que ces gens sont si semblables à
nous-mêmes et leurs coeurs si près de nos coeurs.
L'autobus nous transporte, par un pays accidenté et boisé, vers le
gros bourg de Kandern.
La réunion a lieu dans la grande salle de l'Hôtel Restaurant du
Soleil. C'est devant une salle comble d'auditeurs et d'auditrices
attablés devant leur chope que nous prenons la parole. Mr Solzbacher,
dans un très long discours, intéresse vivement ses compatriotes. La
séance se termine dans l'enthousiasme; nous nous mélangeons au public et
nous constatons, là aussi, que les coeurs aspirent à la paix; la guerre,
plus que jamais, nous apparaît à tous comme une monstruosité.
On passe la nuit chez l'habitant. Mr Pérus, en particulier,
fait de longues parties de cartes avec son hôte; le lendemain, il trouve
sa valise garnie de provisions pour le retour.
17 MARS 1932, KANDERN, BÂLE ET LE RETOUR.
Nous quittons Kandern le matin du 17, accompagnés au départ de
l'autobus par quelques personnes dont le secrétaire du groupement
pacifiste, très heureux de la belle soirée de la veille. Dans l'autobus,
des étudiants et étudiantes se rendant aux cours à Lorrach,
après une amicale conversation, décident MM Blondel et Pérus à
jouer aux cartes, pendant que Mr Delval et moi-même admirons la
belle campagne délicieusement vallonnée et boisée, qui indique
l'approche de la Suisse.
Par Bâle nous rentrons en France,
heureux de pouvoir espérer qu'un jour béni viendra où la France et
sa voisine de l'est ne vivront plus dans la méfiance, mais en pleine
confiance, mettant leur génie et leurs forces au service de l'humanité,
et contribueront à établir sur l'Europe et partout le royaume de Paix et
de Joie;
heureux d'un si beau voyage;
heureux d'avoir senti battre des coeurs à l'unisson des nôtres;
heureux d'avoir vu avec nos coeurs que la vraie Allemagne n'est pas
l'Allemagne dépeinte par les journaux;
heureux d'avoir constaté qu'il y a une grande Allemagne qui aime et
veut la Paix.
AUTRES NOTES DE G. LEROY
Pour ma part, je remercie Mr Trocmé de m'avoir proposé de
participer à cette croisade.
Je le remercie parce que la perspective de parcourir une partie de
l'Allemagne répondait à un désir ressenti depuis longtemps. Depuis
longtemps mon sens pédagogique me dit que la résolution du problème de
la Paix est là.
Inutile de parler de paix aux Français, ils sont convaincus; c'est à
l'étranger, en Allemagne qu'il faut aller prêcher.
Ce voyage répondait à cette critique.
Enfin, j'ai toujours eu l'habitude de ne pas croire les journaux. Pour
moi, un journal représente l'avis d'un homme plus ou moins soumis à ses
propres préjugés, plus ou moins intelligent, plus ou moins clairvoyant,
plus ou moins intéressé.
Ce voyage satisfaisait notre goût pour la vérité et notre
curiosité.
Fribourg est une grande et belle ville de quatre-vingt dix mille
habitants située au pied des monts de la Forêt noire.
Nous y avons admiré la vieille cathédrale gothique, soeur de nos
cathédrales, et nous avons pensé que l'art ne connaît pas les
frontières factices qui divisent si brutalement les deux pays.
Nous fûmes reçus dans un établissement catholique; cela dénote un
esprit large et tolérant que l'on ne rencontre pas toujours en France.
A la réunion de Fribourg, nous avons trouvé un public élégant,
très attentif, très calme tout différent du public remuant et pas
souvent satisfait de nos régions.
Après la réunion, plusieurs dames sont venues nous féliciter et
demander notre adresse.
Un Monsieur m'a félicité pour avoir montré le mal que peuvent faire
certains livres et gravures de nos écoles.
Il a été à l'école primaire à Dijon, étant enfant. On lui donnait
des cahiers dont les couvertures représentaient des soldats allemands
grotesques transperçant des enfants.
Mr Bolanz, instituteur de 35 à 40 ans, s'est montré dès notre
arrivée sympathique et empressé à nous aider. Il m'invita à passer les
vacances chez lui et mit son logement à ma disposition.
Lors d'une promenade le long du Rhin des forts, nouvellement construits
par les Français de l'autre côté du fleuve, furent un moment l'objet de
notre conversation.
Ces forts, monstres en ciment clair, aux yeux lugubres braqués comme
des revolvers sur un pays désarmé où nous rencontrions tant
d'empressement et de sympathie, nous firent mal.
Je dois le dire; j'ai eu un sentiment de révolte contre la France et
c'est à cela que je m'aperçois que j'aime mon pays.
Si c'eût été possible, d'un coup de doigt, ces forts, véritable
provocation, auraient disparu. Car ce n'est pas de cette façon que je
conçois la France, grande.
Mon collègue s'est tu mais ses yeux disaient sa peine.
La France fait bien triste figure aux yeux de cet homme, bon et
sincère, qui a souffert de la guerre où il a perdu deux frères, de cet
homme qui déteste la guerre et qui voudrait que la France le comprenne et
le croie.
Nous nous sommes compris; ensemble nous avons pleuré. Oui je vous le
dis: j'ai pleuré en mon coeur.
Cet instituteur est pour moi un ami, plus ami que n'importe quel
collègue français.
Des membres de mêmes familles sont séparés par la nouvelle
frontière. Or, pour passer cette frontière, il faut des formalités
nombreuses et payer 70 ou 80 francs, de sorte que pour beaucoup de
familles, la dispersion continue.
Mr Pohl présidait la séance de Neuenbourg. Il s'est
montré enchanté de notre visite et de nos paroles. Pendant que le
dentiste hébergeait Mr Delval, Mr Pohl proposa que je passe
la nuit chez lui et que j'y prenne le dîner........ Au cours du dîner,
comme je demandais à Mr Pohl si les hitlériens assistaient à nos
réunions, il me dit: " Non ou très peu".
"Alors, dis-je, c'est qu'ils sont pour la guerre?" Mr Pohl
s'exclama: "Oh! Non, jamais. Personne en Allemagne n'est pour la
guerre, les hitlériens s'abstiennent de ces réunions qu'ils approuvent,
parce qu'elles sont organisées par les partisans d'Hindenburg".
L'Allemagne, avec ses soixante millions d'habitants, n'est-elle pas
assez grande? Un peu plus grande, un peu moins grande, cela n'a pas
d'importance.
Des colonies seraient nécessaires à l'Allemagne, mais ce sont les
Anglais qui les ont prises.
Mr Pohl est un ami convaincu de la Paix. Il nous a fortement
encouragés à continuer notre oeuvre.
Fin du récit de Georges Leroy, écrit en Mars 1932.
Vous pouvez continuer en consultant le courrier
ou retourner au début du chapitre 1932.