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COMMENTAIRES 

SUR LES ÉCRITS DE FREISSINIERES

Ci-après, nous donnons quelques commentaires à propos des ouvrages cités.

" Les Mémoires de guerre et correspondances du Maréchal de Catinat " décrivent les opérations militaires qui se sont déroulées au   XVIII ème siècle durant le règne de Louis XIV au Piémont (Suse et Pignerol) et dans le Dauphiné. Ce livre, que j’ai trouvé à la Bibliothèque Municipale de Lille, est une édition de 1819. Il contient à la fois un inventaire des chemins et sentiers de montagne et une description des opérations militaires. Les pages 470, 471 et 472 ont pour titre " Chemins partant du camp de Palons ", encore appelé " le Camp de Catinat ", lieu qui figure sur la carte éditée par Cassini à la même époque. Encore aujourd’hui, la mémoire collective (en la personne de Mr. Elie Orcières, qui habite Pallons, un nom de lieu qui a changé d’orthographe au cours du temps), désigne de ce nom la butte rocheuse située au dessus du Gouffre de Gourfourant, où la Byaisse descend vers la Durance. Ce texte commence comme suit :

 

Du plateau appelé Cité-Vieille, l'on descend dans un quart d'heure à l'endroit nommé la Fortune, par un sentier en tourniquet, qui n'est praticable par les chevaux qu'avec risque; de la Fortune l'on descend au château ruiné de Rame dans le même temps; de là, passant par la Durance au gué ou sur le pont de la Roche, l'on suit le grand chemin de Mont-Dauphin à Briançon l'espace de trois lieues et demi pour aller à cette dernière ville.

L'on peut encore, en partant du plateau de Cité Vieille, laisser la montagne de l'Aiguille à gauche, et descendre au bourg de l'Argentières par un sentier meilleur que celui qui va au château de Rame; on passe la Durance sur le pont de l'Argentière , et l'on se trouve sur le grand chemin de Briançon ...

 

 

    Catinat décrit ensuite les passages conduisant à Mont-Dauphin, à Saint-Crépin, à Embrun, à Orcières par Dormillouse, etc…. Ce chapitre est, en quelque sorte, un guide, où l’on reconnaît bien les sentiers et chemins de montagne d’aujourd’hui, qui n’est pas destiné aux randonnées mais à la guerre.

La deuxième partie du texte décrit une partie d’échec militaire jouée entre l’armée de Catinat et celle du roi de Sardaigne. Le texte démontre que Pallons est une position-clef et que son auteur était un stratège génial.

Il est à noter que Pallons fut abandonné quelques années plus tard pour Mont-Dauphin, où Vauban construisit les fortifications que l’on connaît.

 

Les cartes de Cassini ont été conçues sous le règne de Louis XV. On peut se les procurer auprès de l’Institut Géographique National (IGN). La carte de Cassini est l’ancêtre de la carte IGN actuelle. Freissinières figure sur l'une de ces cartes que vous pouvez consulter à l'adresse  suivante

 http://gallica.bnf.fr/scripts/ConsultationTout.exe?O=07711665&T=3

Sur cette carte du territoire de Freissinières, on relève les noms suivants : la Biaisse R., Palon, le Plan, li Meyrie, la Ville, la Maison neuve, Mas des Odouls, les Roberts, Mas des Fazis, les Oudouls, Bois des Lauzes, Bois de l’Ubac, les Ribes, les Belons, Mensols, Montagne de Rocheclaire, Roc Blanc, Dormillouse, le Grd Pinier, le Pt Pinier, Tuna (sans doutes pour Tuba), Col du Loup (Col de la Basse ?), Minier d’Argent, Roc Diolon et Col de Prel (confondu sans doutes avec le Col de Freissinières). 

Remarquons que les Viollins ne figurent pas sur la carte, mais apparait sur une autre carte datée de 1721, dont nous allons parler. De plus, Felix Neff cite les Viollins dans une lettre datée de 1826. D'après la mémoire collective, les Viollins auraient été construits suite à un incendie qui a ravagé le hameau des Mensals. 

Notons aussi que des moulins à eau figurent le long de la Byaisse : 4 à Pallons, 2 aux Ribes, 1 aux Mensals et 3 à Dormillouse, notamment vers le lieu encore appelé " Pré Moulin ".

Remarquons aussi que  sur cette carte ne figure aucun pont ni aucun chemin sur le territoire de Freissinières. Par ailleurs, la représentation des reliefs semble fantaisiste.  Une montagne, dénommée Pointe Lazarine, correspond peut-être au Piaro, appelé  Pic Felix Neff à partir de la fin du XIXeme siècle . Cette appellation correspond peut-être à la Jaline, près de Chichin. Cependant, en dépit ses lacunes, cette carte a le mérite d’exister et d'ouvrir la voie à d'autres cartes plus sophistiquées. 

A propos de cartes et de plans, indiquons qu'il existe en mairie de Freissinières un plan de la commune daté de 1721, ainsi qu'un cadastre datant de la même époque. On y trouve aussi un cadastre plus récent de 1834, qui a été révisé et mis à jour en 1958.

Des chefs de guerre ont écrit sur cette région : au Service Historique de l’Armée de Terre (Château de Vincennes) j’ai retrouvé plusieurs textes écrits sous Louis XV, au XVIIIe siècle. Comme ceux de Catinat, ces textes s’attachent à décrire les chemins et sentiers de montagne et aussi les modes de vie des habitants, la faune, la chasse,….

Les "Mémoires militaires sur les frontières de Savoie et de Piémont" écrites par M. Aguillon (1753) traitent des passages pouvant intéresser une armée. Ils citent notamment  St Clément, le Col des Tourettes, le Col de l'Alp Martin, Freissinières, Montdauphin. En voici un extrait:

Le contrefort qui sépare le vallon  de l'Argentière d'avec celui de Freissinières est fort élevé. Son extrémité forme sur la Biayse et sur la Durance un plateau dont le pied se termine par des escarpements qui ont au moins une soixantaine de toises d'élévation. On trouve sur ce plateau un hameau qui porte le nom de Pallon. Il est renommé pour avoir servi de logement à Mr de Catinat et par le camp que ce Général mit au dit plateau en 1692........

On lit aussi dans les "Mémoires local et militaire des frontières de Provence et de Dauphiné" signées par Mr de Carpilhet (1754):

Le camp de Pallon, dont le front est de six à sept cents toises, partout escarpé, est environné dans les deux tiers de sa longueur par le ruisseau de la Biaisse dont les rives sont inaccessibles dans cette partie; ce camp est adossé à une montagne impraticable et appuie sa droite au pont  qui est sur le ruisseau et sa gauche au château de Rame,......

Mr de Catinat occupa cette position en 1692.......

Des "Lettres de Felix Neff", écrites vers 1825, ont été publiées par A. Bost en 1842. Six d'entre elles furent publiées à nouveau en 1999 par les Editions Transhumances. 

Felix Neff est un personnage particulièrement marquant de la Vallée de Freissinières. Pasteur protestant d'origine suisse, il provoque un véritable "réveil" de la Vallée tant du point de vue religieux que du point de vue de la vie quotidienne et sociale. Précurseur visionnaire, en 1826, il crée à Dormillouse la première " École Normale" d'Instituteurs existant en France. Il crée aussi et développe des procédés d'irrigation, enseigne de nouveaux modes de culture et de construction des habitations. Malheureusement pour la Vallée, ses multiples efforts l'épuisent et il disparaît en 1829, à trente et un ans. A cet égard, la lecture de ses "Lettres" est bouleversante.

Notons aussi la publication de gravures, tel celle que nous montrons ci-dessous, qui représente le temple de Dormillouse et l'Ecole où Felix Neff enseigna (aujourd'hui le refuge appelé "L'Ecole"). Son auteur est un anglais nommé W. H. Bartlett, qui réalisa toute une série de paysages des Hautes-Alpes vers 1836. Vous êtes à même de comparer cette gravure à une photographie récente.

    dormillouse1.JPG (69641 octets)                      dormillouse2.JPG (73236 octets)

Faisons une autre comparaison de la vue du village observée maintenant depuis son versant Nord.

    dormillouse3.JPG (128643 octets)                      dormillouse4.JPG (66227 octets)

On pourrait répéter ce type de comparaison pour d'autres gravures qui nous proviennent du XIX° siècle.

  Ladoucette, qui fut Préfet des Hautes-Alpes sous l'Empire se consacra à une "Histoire, topographie, antiquité des Hautes-Alpes", (1848) dans laquelle il cite la Vallée de Freissinières, à propos des guerres de religion, de Felix Neff,...

" L’émigration des Vaudois français des Alpes en Algérie " (1883) est un rapport du comité protestant de Lyon qui a organisé cette opération qui a conduit une dizaine de familles de Dormillouse à fonder un village dans l’Oranais en 1881. Ce texte relève aussi la liste des dons à l’origine de cette opération. Des informations complémentaires ont été publiées au cours des " Neuvièmes journées d’études vaudoises du Lubéron "(1991).

"Les Vaudois français et le Val de Freissinières", écrits par Benjamin Tournier, à la fois pasteur et alpiniste, ont été d'abord publiés dans         "L 'Annuaire du Club Alpin Français" en 1887, puis republiés en 1997 par les Éditions Transhumances. Il s'agit d'une description des lieux, des us et coutumes de leurs habitants. L'ouvrage est illustré par quelques dessins et photographie de l'auteur.

Dans " Les vaudois des Alpes françaises ", Fischbacher 1890, L. Brunel rapporte la mort des Vaudois dans la grotte des vaudois ou des fazis, au XIV° siècle. Il nomme aussi les lieux où, au XV° siècle, les vaudois se réfugiaient, or ces lieux sont facilement identifiables de nos jours. Ce livre vient d'être réédité.

"Autour de Dormillouse" a été écrit par un alpiniste, Maurice Bourgogne, publié en 1911 dans La Montagne et republié en 1999 par les Éditions Transhumances. Il décrit aussi les lieux, surtout les randonnées aux plus hautes altitudes, avec une description des itinéraires encore valable aujourd'hui et un affichage des temps nécessaires aux randonnées. Remarquons que l'exemplaire des Éditions Transhumances publie en prime une note du grand alpiniste Coolidge, qui décrit son ascension de la Tête de Vautisse. Coolidge pense être le premier humain à en avoir atteint le sommet. Est-il si sur de ne pas avoir été précédé par quelque berger ou chasseur d'un village voisin ?

" Notes sur la Vallée de Freissinières et les vallées adjacentes" a été écrit par l'instituteur Guieu aux environs de 1900. Ce texte manuscrit  inédit, de 356 pages, disponible aux Archives départementales des Hautes Alpes de Gap, est impressionnant. Je l'ai encore parcouru récemment. Je dois ici modifier mon avis, par rapport à ce que je disais précédemment: cet ouvrage cite bien les sources de ses affirmations notamment l'ouvrage de Ladoucette (cité ci-dessus), des textes des évêques d'Embrun, Mr Brunet, seigneur de l'Argentière (1672), Albert, curé de Veynes, des documents inédits de la commune de Champcella. Ce texte décrit les origines de Dormillouse et de la vallée de Freissinières, l'invasion de Sarazins puis leur expulsion, le retour à l'église chrétienne primitive; les conflits avec les évêques d'Embrun qui en résultent, la création des monastères d'Oulx et de Boscodon. Environ la moitié de ce texte est consacré aux problèmes et conflits résultant de l'inquisition. L'auteur fait aussi référence à de nombreuses données locales tel les canaux d'irrigation de Val-Haute et de Pallon, le camp de Catinat à Pallon, les "cavernes vaudoises",.... L'ouvrage fait l'objet d'une présentation que je qualifierai de moderne: chaque paragraphe s'accompagne, dans la marge, de mots-clefs qui le résument, comme dans la presse d'aujourd'hui. Un reproche: la chronologie n'est pas bien respectée, ce qui ne simplifie pas la lecture. Ceci dit, cet ouvrage inédit et particulièrement méconnu, mais riche d'informations, mériterait d'être publié, mais vraisemblablement après un léger "relooking".

" Le Val de Freissinières (Hautes-Alpes) - Monographie communale " , par Florimond Baridon (alors agé de 80 ans), ancien instituteur, publié par Louis Jean, imprimeur-Editeur, Gap (1934) est un ouvrage de référence sur le passé, mais épuisé. Il est préfacé par B. Vallotton. En voici le plan :

bulletSituation géographique
bulletRègne végétal
bulletRègne animal
bulletHistoire locale
bulletHistoire religieuse
bulletVie au village
bulletL’humour à Freissinières, avec un lexique patois – français
bulletConclusion.

 

Le chapitre " Histoire locale " occupe le quart du livre ; il est très peu fait mention de ses sources bibliographique 

" Les documents concernant notre histoire sont malheureusement très disséminés. Les archives locales ont disparu et les traditions s’effacent de jour en jour….. "

  sinon des cahiers de l’instituteur Guieu et des écrits de Georges de Manteyer sur lesquels nous reviendrons. Successivement, il cite 

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des trouvailles archéologiques, 

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résume le texte de Fazy de Rame qui vivait au XV° siècle, 

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décrit un certain nombre de litiges et procès relatifs à des pâturages notamment l’histoire de Beccaru qui se vengea du seigneur à Val-Haute 

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mentionne la querelle entre Freissinières et Champcella à propos de Val-Haute

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 nomme les 33 hommes de la vallée tombés lors de la première guerre mondiale.

Le chapitre " Histoire religieuse "  

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évoque les poursuites dont furent l’objet des vaudois puis les protestants, notamment après la révocation de l’Edit de Nantes, et leurs possibilités de se réfugier en montagne, notamment à Dormillouse. 

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En 1823 arrive l’ " apôtre des Hautes-Alpes ", Félix Neff qui " nourrit les intelligences autant que les âmes ", " créa à Dormillouse une véritable école normale ", " …enseigna les bonnes méthodes de culture, fit capter des sources , creuser des canaux d’arrosage… ". Mais il décéda huit ans plus tard.

" L’humour à Freissinières " fait surtout état d’un chansonnier plein d’esprit, qui vécut vers 1800, nommé Jean Pallon. On y trouve aussi quelques récits et proverbes en patois avec leur traduction.

 

En 1932, Georges de Manteyer publia une étude très intéressante résultant de l'analyse d'un document d'archive datant de la fin du moyen-age: "Le livre-journal tenu par Fazy de Rame en langage embrunais, 1471 - 1507 ". Fazy de Rame était un seigneur de Freissinières; dans son journal, il avait noté des quantités de remarques et d'anecdotes sur la vie de la vallée. Des informations plus détaillées seront ultérieurement rapportées à ce sujet sur ce site.

Les œuvres de B. Vallotton contribuent notablement à la " littérature " de Freissinières.

"Sur le roc", (Payot, 1924) est une suite de récits (très bien écrits) évoquant l'histoire, le passé, la vie à Freissinières, les activités, les pratiques religieuses,....A titre d'exemples, quelques titres de chapitres: La Tzarantzo! (l'avalanche), Oncles et tantounes..., les tamburles, Chanteloube, .....

"Figure d'autrefois" (Fischbacher, 1946), réédité sous le nom "Sous les pas de Felix Neff à Freissinières" ( Éditions de Haute-Provence, 1995) rappelle l'histoire protestante de Freissinières, l' oeuvre de Felix Neff et d'autres personnes qui ont poursuivi sa tâche: Suzanne Baridon, Etienne Baridon et Florimond Baridon, dont nous avons cité la monographie sur la vallée.

"L'homme de la grotte" (Oberlin, 1949) est un roman basé sur des faits réels. Il se déroule principalement aux Viollins, ici dénommé Vallerousse; il évoque, entre autres,  l'histoire de deux frères qui, par conviction religieuse, refusèrent de combattre lors de la guerre de 1914 - 1918.

"Victoire! Felix Neff vous parle" (Labor et fides, 1949) est un récit détaillé de la vie de Felix Neff. Cet ouvrage comporte des illustrations de l'auteur.

"Jardinier du Paradis" (Spes 1957) est une réflexion sur le monde moderne; il décrit notamment le dépeuplement des montagnes au travers de l'exemple de Dormillouse.

Notons également que Benjamin Vallotton eut aussi une action sociale dans la Vallée de Freissinières. Il recueillit des fonds pour remédier aux dégâts causés par une inondation en 1928; vers 1950, il aida de nouveau la vallée en créant un atelier de menuiserie et aussi en construisant une maison de vacances, dénommée "Maison Paroissiale", situé aux Ribes. Aujourd'hui, une association gère toujours cette maison de vacances.

Nous abordons maintenant une longue série d'ouvrages plus récents (sauf exception, d'âge inférieur à une trentaine d'années). Il est à noter que la plupart de ces ouvrages comportent un grand nombre de références bibliographiques, ce qui n'était pas le cas des livres que nous avons cités jusque maintenant. En fait, certaines de ces références pourraient figurer dans la présente compilation. 

Merci à Robert FINE à qui je dois de combler certaines lacunes. Sa bibliothèque m'a permis d'inclure dans ma compilation des ouvrages (marqués (*)) qui n'avaient pas été cités dans ma présentation initiale.

Nous continuons de commenter ces ouvrages.

"Les Hautes-Alpes traditionnelles" par A. Van Gennep (1946), réédité en 1990 (3 volumes; Éditions Curandera). Cet ouvrage répertorie des us et coutumes des Hautes-Alpes.

"Embrun et l'Embrunais à travers l'histoire" (*)par le Gl. Jacques Humbert (1972), édité par la Société d'Etudes des Hautes-Alpes traite de Freissinières à de nombreuses reprises, notamment à propos de l'age de bronze, de l'age du fer, de la Via Domitia, ou Voie Cotienne, construite par les romains, du moyen âge, des domaines féodaux du XIVe siècle, des luttes contre l'hérésie, de l'inquisition en 1488, du passage de Lesdiguière en 1570, des conséquences de la révocation de l'Edit de Nantes, de Catinat à Pallon et de Felix Neff à Dormillouse. Cet ouvrage est fondé sur une abondante bibliographie.

"Les Hautes Alpes hier, aujourd'hui, demain" par P. Chauvet et P. Pons (1975) (2 tomes), édité par la Société d'Etudes des Hautes-Alpes. Cet ouvrage très complet mentionne aussi, à propos de Freissinières, les mines du MOYEN-AGE, Lesdiguières, Félix Neff, l'Église Réformée, les terrains communaux, les équidés de Dormillouse, la description du Haut-Embrunais. Les références bibliographiques sont nombreuses.

"Inventaire minéralogique de la France; Hautes-Alpes" par R. Pierrot, P. Picot, P-A Poulain ( 1977), édition du B.R.G.M., fait état d'anciens petits gisements au Fangeas (galène-calcopyrite) (lieu-dit Perrourette), à Faravel (même minerai) (lieu-dit Perrourasse) et au Minier d'Argent (blende et galène). Notons l'existence d'autres gisements non cités dans cet ouvrage, notamment de la houille vers le Col des Berches.

Un colloque s'est tenu à Freissinières en 1981, sur le sujet "Croyances religieuses et sociétés alpines"(*). Les actes, qui ont été publiés, traitent des sujets suivants:

Les frères Berthalon, les "déserteurs"; Émigration au Lubéron;Georges Morel, barde de Freissinières; Emigration à Franckfort en 1687; Croyance au diable.

"Freissinières (H-A) ou la problématique de l'isolat montagnard" (*) par C. Avocat, J. Bethemont et S. Goubeau (1984) est édité par le Centre de recherches sur l'environnement géographique et social de l'Université de Lyon II. Ce texte s'intéresse au paysage rural et montagnard au cours du temps d'après des documents existant. Il utilise notamment des notes concernant les différents types de végétations, prises par des habitants de Freissinières au XIXe siècle.

"Les Alpes et leurs noms de lieux" par P.L. Rousset (1988), sous-titre: "6000 ans d'histoire, les appellations d'origine pré-européenne" est publié sous le patronage de la Société d'Études des Hautes-Alpes . Comme son nom l'indique, cet ouvrage particulièrement conséquent recherche l'origine de monts de lieux. P.L. Rousset propose en particulier une interprétation originale du nom "Dormillouse": l'association de deux mots d'origine pré-indo-européenne TOR et MEL, qui signifient tous deux la montagne, alors que, jusque maintenant, le nom Dormillouse était généralement associé à la marmotte.

"I nomi di famiglia delle valli valdesi" (*) (en italien) par O. Coisson (1991), publié par Anastatica, est une étude des noms de familles des vallées vaudoises indiquant leurs origines et localisations. Ce  sont les textes originaux des procès de l'inquisition qui sont à l'origine de ce document. On y trouve dans cet ouvrage quantité d'information sur les noms de famille actuels de Freissinières.

"Les anciennes mines du Nord des Hautes-Alpes" (*) par Bruno Ancel (1992), programme H-03 : Mines et métallurgie, CCSTI du Château St Jean, Centre de Culture Science et technique industrielle, L'Argentière la Bessée. Ce document donne une liste des anciennes mines situées sur Freissinières.

"De la chrétienté romaine à la Réforme en Dauphiné" (*)(1993) par P. Paravy (2 tomes) édité par la Collection de l'École Française de Rome, un ouvrage extrêmement sérieux qui traite de l'histoire religieuse.

"Documentation et valorisation des collections archéologiques du Briançonnais" (*) par M. Rossi et A. Gattiglia (1995) édité par Antropologia Alpina, fait un bilan des prospections antérieures et de découvertes récentes.

"L'habitat du nord des Hautes-Alpes" par M.P. Mallet (1999) , photographies de M. Heller et G. Roucaute, dessins de N. Pégand est édité par l'Association pour le Patrimoine de Provence et la Société d'études des Hautes-Alpes. Il s'agit d'un ouvrage extrêmement documenté. De la table des matières, nous tirons les termes suivants: l'organisation du territoire et de la vie collective, la maison, approche régionale, les meubles  et les objets de la vie quotidienne. Freissinières est cité à de très nombreuses reprises, à propos de gravures, de moulins et pressoirs, de la vigne, de façon générale d'architecture, de l'extraction de l'ardoise, du mobilier, de l'outillage agricole, avec de nombreuses photos à l'appui.

Nous passons maintenant à des ouvrages, eux aussi récents, mais d'un genre différent. Citons d'abord le livre d'Hubert Leconte, "La croix des humiliés" (1998), édité par Millepertuis, qui fait partie de "L'Épopée vaudoise des Alpes au Luberon". Ce récit est inspiré de faits réels:  P. Paravy, J. Humbert et G. de Manteyer qui sont mentionnés sur ce site sont cités comme référence par H. Leconte. Ce roman historique reconstitue des épisodes de la vie d'habitants de Freissinières victimes de l'inquisition.

D'autres ouvrages récents ont souvent été écrits par des habitants de Freissinières, conscients de l'originalité et de la richesse de leur patrimoine.

"Image du pays des Ecrins" (1989) par J. Giraud, le Député-maire de l'Argentière-la-Bessée, fait état des richesses touristiques de l'Argentièrois et notamment de Freissinières.

"Sur les traces des bergers et chasseurs de Dormillouse" par H. Baridon, Y. Leroy, P. Carlier (1990). H. Baridon est l'une des dernières personnes à être né à Dormillouse, à y avoir passé sa jeunesse et à y avoir reçu la connaissance de la vie en haute montagne. Il fut maire de Freissinières de 1968 à 1978. Y. Leroy et P. Carlier, originaires du nord de la France, ont eu la chance de découvrir en sa compagnie, la trace des anciens habitants, notamment au cours de mémorables randonnées dont le but était de "porter le sel" au troupeau en pacage libre de H. Baridon. Ce livre a pu être publié à compte d'auteur, par la Sté RDV Copie, grâce à la participation de Bernard Baridon, le fils d'Honoré. Ce livre présente le village de Dormillouse, son site, sa description, la présentation de la vie familiale, religieuse et collective, les activités pastorales, la chasse, les traces de l'homme hors du village(cabanes, canaux, passages particuliers, mines, ponts et gués,...). Des transparents superposés aux photographies servent à préciser les passages. Suit une liste d'itinéraires de randonnées, généralement méconnus. L'ouvrage se termine par la liste de 148 lieux-dits. 

Plus récemment, en 2000, cet ouvrage a été publié à nouveau, cette fois-ci par l'Imprimerie de Escartons (Briançon) sous un nouveau titre "Dormillouse au passé simple", tandis que son contenu était étoffé par des chapitres consacrés aux points suivants:

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la citation de textes décrivant des avalanches à Dormillouse,

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l'émigration des Dormillousins en Algérie, il y a environ un siècle,

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l'implantation des hippies à Dormillouse, vers les années 70,

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la reconstruction du village, dans de dures conditions d'environnement.

                                         

"Cuisine de là haut", Témoignage des habitudes culinaires de la Vallée de Freissinières, (1991) par  E. Fine et Y. Moutier (voyez son site: www.relais-vaudois.com) , illustré par L. Condemine et R. Dorr est un recueil d'une centaine de recettes culinaires propres à la montagne: soupes, omelettes, pain, cochon, lapin, poule, marmotte, chamois, desserts, sirops, vins, liqueurs, tisanes, etc...

 "Histoires drolatiques de Dormillouse" (1991), a été écrit par P. Peschon, l'un des premiers hippies. . Comme l'indique le titre, c'est souvent le ton de la dérision qui est employé pour décrire des anecdotes liées à son implantation à Dormillouse, au cours des années 70 et aussi à de nombreuses histoires d'animaux ( vaches, poules, chats, marmottes, aigles, loups, abeilles). Noyons que par la suite, P. Peschon s'employa à implanter et gérer un "gîte solaire " à Dormillouse (voir par exemple le Dauphiné Libéré du 24 Novembre 1992).

Alain Prorel, dont la famille est issue de Champcella, a écrit plusieurs romans où transparaissent ses souvenirs de jeunesse:nous lui laissons la parole. ""Feuilles blanches",(1994) roman autobiographique est un témoignage fidèle, réaliste et plein d'humour des années d'après guerre au cours desquelles la technologie et le tourisme transforment considérablement le village...."

"Abris jadis utilisé par les habitants de Freissinières" (et aujourd'hui utilisable par les randonneurs) (1996) par Y. Leroy et H. Baridon est un peu une suite à "Sur les traces des chasseurs et bergers...." cité plus haut. 52 abris (cabanes de bergers inutilisées ou en ruine, grottes, balmes ou barmes, creux de rochers) situés à des altitudes situées entre 1200 et 2900 mètres ont été répertoriés. Leurs utilisateurs potentiels doivent être prévenus: aucun de ces lieux n'est alimenté en eau chaude ni connecté à Internet. Cependant, ces lieux peuvent néanmoins fournir un abri apprécié lors de randonnées et de bivouacs.

"Passion du coté de l'Adret" (2001) par André Gato, roman. André Gato a vécu toute sa jeunesse à Freissinières. Il en connaît bien le mode de vie et les anecdotes. Voici comment il introduit son roman: "Au fond d'une vallée des Hautes-Alpes se jouent deux destins croisés: celui de deux hommes soudés dans l'épreuve; celui d'un couple sur leurs traces.... Réussiront-ils à vaincre les obstacles qui jalonnent leur chemin?..."

En fait, c'est le village des  Viollins qui est pris pour cadre de ce récit. Ceux qui connaissent bien Freissinières reconnaissent les personnes réelles qui donnent vie aux personnages du roman. En particulier, les deux frères Berthalon, qui ont refusé de porter les armes, pour des raisons de convictions religieuses, lors de la guerre de 1914-1918, en sont les héros. Ces deux hommes durent ainsi vivre seul dans la montagne, été comme hiver, pendant plusieurs années. Plusieurs pages très fortes évoquent les violences de l'hiver qu'ils ont été amenés à supporter.

Notre présentation devrait se terminer par des documents des archives départementales des H-A à Gap, que nous avons pas encore consulté, qui traitent notamment des sujets suivants:

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Fonds de familles et seigneureries des H-A,

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Fond EDF,

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Fonds Vernet: Sté des Forces Motrices de la Hte Durance,

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Notes sur la révolte des Vaudois,

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Archives communales de Freissinières.

Ces textes sont certainement également dignes d'intérêt: l'un des premiers que nous venons découvrir est un courrier adressé en janvier 1751 par les autorités royales aux consuls de Freissinières qui concerne l'organisation de battues contre les loups

Enfin, un ami géologue, Marius DORIDOT, a réalisé récemment une présentation géologique sommaire et simplifiée des environs de Freissinières à partir d'une compilation et adaptation de documents cartographiques ou photographiques IGN et géologiques BRGM. On y voit notamment les coupes géologiques suivantes:

WNW-ESE: Crête de la Lauzière, Col d'Anon, Durance,

WSW-ENE: Font Caillat, Clausis, Clot Lafon,

SW-NE: Grd Pinier, Petit Pinier, Dormillouse.

Ces résultats sont inédits.

Dans le même ordre d'idées, notons un site remarquable publié par 

Maurice GIDON, de "GEOL-ALP",

"http://www.geol-alpes.com"

qui, sur des photos terrestres ou aériennes, dessine les différentes couches géologiques des montagnes entourant Dormillouse. Même si l'on n'est pas spécialiste et si l'on ne comprend pas exactement tous les termes employés (l'auteur a néanmoins réalisé un lexique intéressant), on en retire un intérêt didactique précieux. Ce site mérite d'être visité. 

Dernières mises à jour le 15 mars 2006

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