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 1932: des pacifistes français et allemands.

Les notes de Georges Leroy

INTRODUCTION

Croisade des jeunes pour la Paix.

Georges Leroy Mars 1932.

Nous ne sommes plus tout à fait jeunes. Cependant, c'est avec plaisir, avec foi que nous avons pris part à la croisade des jeunes pour la Paix, pensant qu'il n'est pas de trop que les vieux se joignent aux jeunes pour une oeuvre aussi noble que celle qui consiste à essayer de réaliser la Paix.

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Nous pensons d'ailleurs, en agissant ainsi être dans la voie d'un chrétien. Le royaume de Dieu que nous demandons chaque jour est le royaume de la paix; l'établissement de la paix entre les hommes ne marquera-t-il pas une étape dans l'avancement de l'humanité vers ce royaume?

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Renseignés comme nous le sommes par certains journaux, hélas trop nombreux, n'était-il pas insensé et dangereux d'entreprendre un voyage en Allemagne, d'y organiser des réunions et conférences à l'époque agitée des élections ?

Mais nous allions parler de Paix; nous sommes partis avec confiance. Nous pensons que les peuples auront la paix s'ils la veulent avec obstination. Qu'ils apprennent à se connaître, qu'ils créent une agitation pacifiste, qu'ils entretiennent une propagande continue pour la Paix, qu'ils s'efforcent d'orienter les esprits et les coeurs vers la Paix comme on l'a fait jusqu'ici pour la guerre.

Quand les diplomates, les négociateurs, les gouvernements constateront dans la masse des peuples une volonté obstinée de paix, cette volonté pèsera d'une manière heureuse sur leurs décisions jusqu'ici trop souvent étrangère à la pensée populaire, trop souvent aussi inspirée par l'intérêt d'une seule caste.

C'est dans ces sentiments, avec nos faibles talents, mais riches de coeur que nous nous sommes mis en route.

13 MARS 1932, VOYAGE DOUAI-FRIBOURG

Munis chacun d'une bouteille thermos, d'une valise copieusement garnie par des mains attentives, en prévision d'un long séjour dans le Calais-Bâle, nous quittâmes Douai le matin du 13 mars 1932 tel quatre commis voyageurs en articles de Paix.

On nous avait recommandé la prudence; certain gendarme français du dernier poste-frontière nous a dit d'un air effaré: " Vous allez de l'autre côté, subséquemment vous allez vous faire assassiner !". Ce fut le plus sinistre instant de notre voyage. Imaginez le soir, une petite gare frontière déserte - car on ne va pas en Allemagne -, un chef de gare surpris de voir quatre français se diriger "de l'autre côté" le soir des élection allemandes, un gendarme bourru et soupçonneux qui vous prédit l'avenir le plus noir. Mais nous portons allègrement nos os "de l'autre côté"; nous montons allègrement dans notre train qui s'engage dans la nuit et l'inconnu.

Au premier arrêt, quel contraste avec ce que nous avions imaginé! Nous sommes reçus par des employés corrects empressés à nous rendre service; l'un d'eux, nous annonçant une attente de deux heures, s'empresse de mettre nos valises en lieu sûr, se fait notre guide et nous fait visiter sites, monuments et rues de cette vieille station baignée par le Rhin, bien que la nuit ne se prête guère à cette sorte de distraction. Du haut de cette ancienne forteresse, notre guide nous montre divers points de France au-delà du Rhin, nous fait parcourir les rues sombres troublées seulement par le chant joyeux de quelques jeunes gens. Cet homme, ancien combattant mutilé, ne cessait de nous montrer sa sympathie, sa joie d'être avec nous, son souci de nous être agréable. C'était émouvant; nous étions heureux de constater que le premier Allemand que nous voyons se révélait être un ami et non un ennemi.

Au buffet de la gare, on s'offrit réciproquement quelques cigarettes, un café réconfortant. Mr Pérus mutilé du bras, Mr Delval privé d'un oeil, échangèrent leurs impressions de guerre avec ce mutilé de la main, étonnés dans leur sympathie d'avoir été des ennemis et d'être des victimes réciproques.

L'heure du départ venue, cet ami occasionnel reprend ses fonctions, nous installe dans un compartiment et, très amicalement, nous souhaite un bon voyage. Le train, de nouveau, s'engage dans la nuit; à chaque arrêt quelques jeunes gens montent et descendent, la chanson sur les lèvres, regardant avec curiosité ces Français qui bavardent, eux aussi, joyeusement. Nulle trace de haine chez ces jeunes hommes dont l'un s'empresse de nous renseigner sur le trajet qu'il nous reste à parcourir.

Voici les lumières de Fribourg. A peine le train est-il stoppé que nous sommes interpellés par Mr Solzbacher et Mr Vernier nos futurs compagnons de route, dont le joyeux entrain et les paroles encourageantes nous eussent vite réconfortés s'il en eût été besoin. Par des rues tout à fait calmes, en cette soirée d'élection, ils nous conduisent Clarastrass où un cordial accueil nous est fait, un repas copieux nous est préparé, où nous passons une nuit paisible.

 
14 MARS 1932, FRIBOURG

Dans la journée du 14 nous visitons Fribourg, au pied des montagnes de la Forêt noire. Nous admirons les monuments, spécialement la cathédrale gothique, soeur de nos belles cathédrales. Nous remarquons l'allure des agents de la Schupo, l'animation de la rue principale surtout à l'heure de midi, le nombre des magasins de pâtisserie et de "délicatessen", le silence des rues dû à la rareté des automobiles, ce qui contraste avec le vacarme de nos villes.

A midi, un ancien combattant ayant appris que Mr Delval a perdu un oeil à la guerre vient le voir car, dit-il, un soldat français blessé à l'oeil lui a sauvé la vie. Cet homme est chômeur depuis quatre ans; de mise correcte, il a l'air désabusé. Par lui nous apprenons que Fribourg compte 10.000 chômeurs, soit le tiers de la population.

Par toute la ville, des affiches immenses, bien en vue, annoncent notre conférence et le soir dans une vaste salle, devant un public élégant, intéressé, attentif, tels quatre disciples de Démosthène, nous prenons la parole à la suite d'un pasteur anglais, de MM. Solzbacher et Vernier. Chacun de nous, préconisant la conciliation pour tout conflit entre peuples et repoussant la guerre, instrument de justice d'un autre âge, reçut approbation et applaudissements. Nombreux furent les amis et amies de la paix qui, la conférence terminée, vinrent nous serrer chaleureusement les mains.

Un groupe d'amis de la Paix et de la France nous conduisit au Café Viennois où la soirée se prolongea gaiement jusque une heure du matin. A l'exception de la langue, nous pouvions nous croire entre Français; une chaude et réciproque sympathie nous animait.

 

15 MARS 1932, FRIBOURG, MULHEIM, NEUENBOURG

Le lendemain 15 nous visitons un instituteur qui nous avait invités la veille. Nous nous rendons dans sa classe. Nous parlons de choses et d'autres, et voilà qu'ensemble nous nous prenons à chanter "Dors min ptit quinquin, min gros ...." que ce maître a déjà eu le plaisir d'entendre en France.

Puis la classe commence, trente filles de onze ans; nous assistons à une magistrale leçon de français; en notre honneur, ces enfants exécutent des chants français; nous en sommes fort émus. Nous voudrions qu'en France aussi on apprenne la langue allemande à nos petits enfants. Ne serait-ce pas donner aux jeunes générations un moyen de se mieux comprendre, un moyen de plus pour arriver à la Paix ? Enchantés nous quittons ce maître et ses bonnes écolières qui, toutes debout, nous saluent d'un "Au revoir messieurs" formidable.

L'après-midi, excursion sur les sommets encore neigeux. Nous y voyons des restes de fortifications édifiées par Louis XIV. A l'ouest, nous admirons l'immense panorama de la plaine de Bade, séparée par le Rhin de la plaine d'Alsace limitée par les Vosges à l'horizon brumeux, tandis qu'à nos pieds s'étend la grande ville. A l'est, c'est à perte de vue, la suite des cimes neigeuses coupée par la Forêt noire, dont le mystère nous attire. Et puis nous rencontrons quelques chômeurs en promenades, toujours de mise correcte; l'un joue de l'accordéon. Un ménage a installé son phonographe sur un banc. Cette musique dans la neige, dans le silence, produit une bizarre impression.

Dans l'après- midi, nous quittons Fribourg, car le soir nous ferons deux réunions, l'une à Mulheim, l'autre à Neuenbourg. Mr Luft, secrétaire de la ligue pour la Paix à Fribourg nous accompagne.

A Mulheim, nous sommes reçus par Mr le Professeur Wendling, secrétaire du groupe pacifiste. Mme Wendling nous invite très aimablement à prendre le repas. Conversations parfaitement amicales, les enfants montent sur nos genoux.

L'heure de la réunion arrivée, nous gagnons la grande salle de l'Hôtel de ville où le public nombreux salue notre entrée de vigoureux applaudissements.

Pourtant à Mulheim, au scrutin de la veille, les hitlériens ont obtenu la majorité.

A Neuenbourg, nous trouvons une salle comble. Mr le Docteur Pohl, assisté de Mr Bolanz et de plusieurs instituteurs préside; Mr le Directeur de l'Enseignement de Fribourg, qui mène la campagne pour la Paix, est dans la salle. Le public est enthousiaste; la soirée se prolonge jusqu'à minuit. A la fin de la séance, deux vieux, la casquette à la main, s'approchent et disent: "Merci, Monsieur, d'être venu nous parler avec votre coeur".

Tandis que MM Pérus et Blondel sont retenus pour passer la nuit à Mulheim, Mr Delval reçoit l'hospitalité chez Mr .... dentiste à Neuenbourg; moi-même reçois un cordial accueil chez Mr le Docteur Pohl. Partout toujours, comme amis de la Paix, nous sommes traités fraternellement; nous recevons les félicitations les plus chaudes et les plus encourageantes pour notre initiative de rapprochement et notre désir passionné d'établir des rapports d'amitié entre hommes si visiblement prêts à se comprendre.

 

16 MARS 1932, MUHLHEIM, BADENWEILER, KANDERN

Pendant une partie de la matinée, Mr Delval et moi-même accompagnons Mr l'instituteur Bolanz et sa classe en promenade dans la campagne. Mr Bolanz, ancien combattant qui a perdu deux frères à la guerre, et son collègue ne cessent de nous montrer leur sympathie et d'exprimer leur désir de paix entre nos pays. Rien ne nous indique que nous ne sommes pas en France.

Nous passons l'après-midi du seize à Mulheim. Avant de quitter la France, on nous avait dit: "Soyez prudents, ne parlez pas français dans la rue". Or nous nous promenons paisiblement dans les rues presque désertes, salués respectueusement par les rares passants qui déjà nous connaissent. Un pâtissier et sa dame, ayant assisté la veille à notre réunion, envoient chez Mme Witling un panier de gâteaux " pour les Franzosen ".

Profitant de quelques heures de liberté, Mme et Mr Wendling et leurs enfants nous emmènent en excursion à la jolie station thermale de Badenweiller où, dans la neige des sommets, parents, enfants et nous commençons une guerre toute joyeuse et toute amicale à coups de boules de neige.

Mme Wendling nous dit, en mots accentués qui sortent du coeur, ces paroles qui méritent d'être rapportées: "Monsieur, quand vous serez rentrés en France, dites à tous que, de tout coeur, nous voulons la Paix, et vivre en amitié avec la France."

Au cours du repas du soir, nous mangeons une tranche de "Ponpournikel", ce pain noir si recherché en Allemagne. C'est un pain de seigle auquel une cuisson spéciale donne sa couleur et son goût un peu âcre.

Comme nous nous étonnons d'un nom si bizarre, Mr Wendling nous donne l'explication suivante. Napoléon, en campagne dans le pays, trouva ce pain sur sa table; l'ayant goûté, il le rejeta, disant: "C'est bon pour Nickel". Nickel était le nom de son cheval. Les Allemands, vexés que l'on fasse si peu de cas de leur pain préféré, l'ont appelé depuis lors "Ponpournikel".

Les enfants trouvèrent en Mr Vernier un véritable camarade. Nous passâmes à Mulheim une après-midi très agréable. A la nuit tombante nous quittâmes Mulheim pour Kandern où nous avions une réunion à huit heures. Mr, Mme Wendling et leurs enfants nous accompagnèrent jusqu'à l'autobus dont le départ fut marqué par de chaleureux adieux.

Nous conservons un souvenir plein de sympathie pour la population de ce gros bourg si paisible. Nous nous demandons avec tristesse comment il a pu se faire que, de part et d'autre, les bras se soient armés et les coeurs se soient remplis de haine, alors que ces gens sont si semblables à nous-mêmes et leurs coeurs si près de nos coeurs.

L'autobus nous transporte, par un pays accidenté et boisé, vers le gros bourg de Kandern.

La réunion a lieu dans la grande salle de l'Hôtel Restaurant du Soleil. C'est devant une salle comble d'auditeurs et d'auditrices attablés devant leur chope que nous prenons la parole. Mr Solzbacher, dans un très long discours, intéresse vivement ses compatriotes. La séance se termine dans l'enthousiasme; nous nous mélangeons au public et nous constatons, là aussi, que les coeurs aspirent à la paix; la guerre, plus que jamais, nous apparaît à tous comme une monstruosité.

On passe la nuit chez l'habitant. Mr Pérus, en particulier, fait de longues parties de cartes avec son hôte; le lendemain, il trouve sa valise garnie de provisions pour le retour.

 

17 MARS 1932, KANDERN, BÂLE ET LE RETOUR.

Nous quittons Kandern le matin du 17, accompagnés au départ de l'autobus par quelques personnes dont le secrétaire du groupement pacifiste, très heureux de la belle soirée de la veille. Dans l'autobus, des étudiants et étudiantes se rendant aux cours à Lorrach, après une amicale conversation, décident MM Blondel et Pérus à jouer aux cartes, pendant que Mr Delval et moi-même admirons la belle campagne délicieusement vallonnée et boisée, qui indique l'approche de la Suisse.

Par Bâle nous rentrons en France,

heureux de pouvoir espérer qu'un jour béni viendra où la France et sa voisine de l'est ne vivront plus dans la méfiance, mais en pleine confiance, mettant leur génie et leurs forces au service de l'humanité, et contribueront à établir sur l'Europe et partout le royaume de Paix et de Joie;

heureux d'un si beau voyage;

heureux d'avoir senti battre des coeurs à l'unisson des nôtres;

heureux d'avoir vu avec nos coeurs que la vraie Allemagne n'est pas l'Allemagne dépeinte par les journaux;

heureux d'avoir constaté qu'il y a une grande Allemagne qui aime et veut la Paix.

 

AUTRES NOTES DE G. LEROY

Pour ma part, je remercie Mr Trocmé de m'avoir proposé de participer à cette croisade.

Je le remercie parce que la perspective de parcourir une partie de l'Allemagne répondait à un désir ressenti depuis longtemps. Depuis longtemps mon sens pédagogique me dit que la résolution du problème de la Paix est là.

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Souvent j'ai entendu dire:

Inutile de parler de paix aux Français, ils sont convaincus; c'est à l'étranger, en Allemagne qu'il faut aller prêcher.

Ce voyage répondait à cette critique.

Enfin, j'ai toujours eu l'habitude de ne pas croire les journaux. Pour moi, un journal représente l'avis d'un homme plus ou moins soumis à ses propres préjugés, plus ou moins intelligent, plus ou moins clairvoyant, plus ou moins intéressé.

Ce voyage satisfaisait notre goût pour la vérité et notre curiosité.

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Fribourg est une grande et belle ville de quatre-vingt dix mille habitants située au pied des monts de la Forêt noire.

Nous y avons admiré la vieille cathédrale gothique, soeur de nos cathédrales, et nous avons pensé que l'art ne connaît pas les frontières factices qui divisent si brutalement les deux pays.

Nous fûmes reçus dans un établissement catholique; cela dénote un esprit large et tolérant que l'on ne rencontre pas toujours en France.

A la réunion de Fribourg, nous avons trouvé un public élégant, très attentif, très calme tout différent du public remuant et pas souvent satisfait de nos régions.

Après la réunion, plusieurs dames sont venues nous féliciter et demander notre adresse.

Un Monsieur m'a félicité pour avoir montré le mal que peuvent faire certains livres et gravures de nos écoles.

Il a été à l'école primaire à Dijon, étant enfant. On lui donnait des cahiers dont les couvertures représentaient des soldats allemands grotesques transperçant des enfants.

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Mr Bolanz, instituteur de 35 à 40 ans, s'est montré dès notre arrivée sympathique et empressé à nous aider. Il m'invita à passer les vacances chez lui et mit son logement à ma disposition.

Lors d'une promenade le long du Rhin des forts, nouvellement construits par les Français de l'autre côté du fleuve, furent un moment l'objet de notre conversation.

Ces forts, monstres en ciment clair, aux yeux lugubres braqués comme des revolvers sur un pays désarmé où nous rencontrions tant d'empressement et de sympathie, nous firent mal.

Je dois le dire; j'ai eu un sentiment de révolte contre la France et c'est à cela que je m'aperçois que j'aime mon pays.

Si c'eût été possible, d'un coup de doigt, ces forts, véritable provocation, auraient disparu. Car ce n'est pas de cette façon que je conçois la France, grande.

Mon collègue s'est tu mais ses yeux disaient sa peine.

La France fait bien triste figure aux yeux de cet homme, bon et sincère, qui a souffert de la guerre où il a perdu deux frères, de cet homme qui déteste la guerre et qui voudrait que la France le comprenne et le croie.

Nous nous sommes compris; ensemble nous avons pleuré. Oui je vous le dis: j'ai pleuré en mon coeur.

Cet instituteur est pour moi un ami, plus ami que n'importe quel collègue français.

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Mr Bolanz est-il un frère ou un ennemi? Est-il possible que nous ayons pu nous trouver face à face sur le champ de bataille?

Quelle stupidité que la guerre!

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Mon père a fait la guerre, celle de 1870.

Moi-même j'ai fait la guerre.

Mes enfants s'entrégorgeront-ils avec vos enfants?

Allons-nous donc longtemps encore transmettre de père en fils ce sinistre héritage: la guerre?

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Des membres de mêmes familles sont séparés par la nouvelle frontière. Or, pour passer cette frontière, il faut des formalités nombreuses et payer 70 ou 80 francs, de sorte que pour beaucoup de familles, la dispersion continue.

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Mr Pohl présidait la séance de Neuenbourg. Il s'est montré enchanté de notre visite et de nos paroles. Pendant que le dentiste hébergeait Mr Delval, Mr Pohl proposa que je passe la nuit chez lui et que j'y prenne le dîner........ Au cours du dîner, comme je demandais à Mr Pohl si les hitlériens assistaient à nos réunions, il me dit: " Non ou très peu".

"Alors, dis-je, c'est qu'ils sont pour la guerre?" Mr Pohl s'exclama: "Oh! Non, jamais. Personne en Allemagne n'est pour la guerre, les hitlériens s'abstiennent de ces réunions qu'ils approuvent, parce qu'elles sont organisées par les partisans d'Hindenburg".

L'Allemagne, avec ses soixante millions d'habitants, n'est-elle pas assez grande? Un peu plus grande, un peu moins grande, cela n'a pas d'importance.

Des colonies seraient nécessaires à l'Allemagne, mais ce sont les Anglais qui les ont prises.

Mr Pohl est un ami convaincu de la Paix. Il nous a fortement encouragés à continuer notre oeuvre.

                   Fin du récit de Georges Leroy, écrit en Mars 1932.

 

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